MASS HYSTERIA MATIÈRE NOIRE : retour sur l’artwork.

Il y a deux version de l’album MASS HYSTERIA MATIÈRE NOIRE, une première version cristal et une version limitée avec un visuel différent et un fourreau comportant un gel pack. Cette version limitée ne sera pas re-pressée. Le livret est à découvrir en achetant l’album.

Beaucoup de boulot mais un résultat qui semble plaire… Pour Mass Hysteria Matière noire, le nouvel album du groupe, l’idée de départ était un visuel trouvé par le guitariste du groupe Yann HEURTAUX sur internet : un visage sur un fond marron avec de l’encre qui coulait sur le visage d’une femme. De cette base, j’ai organisé un shooting très…salissant ou j’ai utilisé cette idée de départ avec cette fois un fond immaculé et le souhait de décliner cette idée sur chaque partie du corps. Le résultat a permis un artwork riche et 3 couvertures différentes.

MASS HYSTERIA MATIÈRE NOIRE Édition collector limitée / Packaging spécial

Mass Hystéria Matière noire - Crédit photo Eric CANTO

MASS HYSTERIA MATIÈRE NOIRE


Making-of du Shooting Matière noire 

Mass Hystéria Matière noire - Crédit photo Eric CANTO

Mass Hystéria Matière noire – Crédit photo Eric CANTO

Mass Hystéria Matière noire - Crédit photo Eric CANTO

Mass Hystéria Matière noire – Crédit photo Eric CANTO

 

Mass Hysteria Matière Noire 23/10/2015 – Verycords – Furia – Genre : Hard / Métal Produit par Frédéric Duquesne

L’album MASS HYSTERIA MATIÈRE NOIRE

1- Chiens de la casse / 2- Vae soli ! / 3- Vector equilibrium / 4- Notre complot / 5- L’espérance est le refus / 6- Tout est poison / 7- L’enfer des dieux / 8- A bout de souffle / 9- Matière noire / 10- Plus que du métal / 11- Mère d’Iroise – Note de 5/5

Critique de l’album MASS HYSTERIA MATIÈRE NOIRE par www.albumrock.net

Voilà deux décennies que Mass Hysteria distille sa prose révoltée à ses fidèles furieux pas rassasiés pour un sou malgré deux derniers albums au regain de forme notoire (Failles en 2009 et L’Armée des Ombres en 2012) et un retournement dans les règles de l’art d’un Olympia qui portent encore les stygmates des décibels ravageurs du groupe.

Sûr que ce Matière Noire était attendu et l’arrivée de Fred Duquesne (Bukowski) à la guitare laissait présager le franchissement d’une étape supplémentaire dans la quête d’une monstruosité sonore chimérique. Autant le dire sans détour, l’achèvement est total, l’aboutissement ultime et sans tomber dans un complaisant panégyrique, on peut sans conteste annoncer qu’avec Matière Noire Mass Hysteria tient son meilleur album, tout simplement.

 

Mass Hystéria Matière noire - Crédit photo Eric CANTO

Mass Hystéria Matière noire – Crédit photo Eric CANTO

 

Difficile de savoir par quel bout commencer tant MASS HYSTERIA MATIÈRE NOIRE s’impose comme une réussite absolue et ce à tous les niveaux. C’est certainement le premier point à souligner d’ailleurs, cette cohérence stylistique, musicale, philosophique même, évoluant jusqu’à cette cohésion rarissime et intrinsèque aux grands, très grands albums.

Mass Hysteria Matière noire est un bloc d’une densité osmiumienne, sorte de plasma homogène d’une noirceur inclassable qui se fend de onze titres grandioses se chipant à tour de rôle la vertu de morceau immanquable du disque. Mouss Kelaï, le charismatique leader de Mass Hysteria, a récemment déclaré concernant le manque de communication précédant la sortie officielle de l’album en octobre dernier: “On voulait que les gens prennent l’album d’un coup en pleine gueule.”. Que ce brave Mouss se rassure, c’est chose faite, et foutrement bien faite.

La collaboration entre Duquesne et les Mass Hysteria atteint son paroxysme avec Matière Noire tant l’identité sonore du groupe est affirmée avec une qualité de production digne des plus grands groupes de metal américains: on frise le Killswitch Engage sur “Notre complot” et son riff tout en liés fleuves jouissifs comme on se délecte de ce grain du grand Slipknot de “Liberate” dans l’excellent défouloir qu’est “Plus que du métal”. Le vice est même poussé jusqu’à titiller Metallica dans le solo épique de “Vector Equilibrium”.

Rarement une production hexagonale, masterisée à New York par Ted Jensen (au CV impressionant, Deftones et Pantera pour ne citer qu’eux), aura atteint ce niveau de qualité sonore, cette balance parfaitement équilibrée entre une section rythmique éléphantesque, des guitares de plomb et des vocalises racées, viscérales, habitées.

Les arrangements sont subtilement intégrés à ce génial récital de 50 minutes, ouvrant “Vae Soli !” sur quelques notes électroniques infantiles nébuleuses, accompagnant l’hymne “Plus que du metal” de claviers appuyés stridents métronomiques ou encore apposant une sourde ambiance industrielle acérée sur l’excellent “L’espérance et le refus”. En grand chef d’orchestre qu’il est, Duquesne a poussé Mass Hysteria dans ses derniers retranchements et a enfin donné au groupe toute la prestance sonore qu’il mérite, celle au moins égale à l’éloquence de ses textes toujours plus enragés, plus percutants, plus personnels aussi.

 

Mass Hystéria Matière noire - Crédit photo Eric CANTO

Mass Hystéria Matière noire – Crédit photo Eric CANTO

 

Car le groupe est loin de renier son credo révolté, marque de fabrique de l’hystérie de masse, qui sied parfaitement à l’ambiance survoltée de ses concerts. Mouss Kelaï a toujours pris soin de peaufiner ses paroles pour en faire des slogans guerriers entonnés en choeur autant que des critiques acerbes d’une société qui en prend toujours autant pour son grade: “Démocratie autoritaire, c’est l’âge d’or de la misère” lance-t-il dans l’éloquent “Tout est poison”.

On sent le ton grave dans Matière Noire, prenant même un tournant patriotique désenchanté dans “Mère d’Iroise (“Ma mère d’Iroise, ma douce France, plus jamais seul avec toi, je me lance”), évoquant l’absence de grands hommes du peuple dans “L’espérance et le refus” (“Je ne vois aucun nouveau Jaurès à l’horizon ! Où sont les vrais hommes venus d’en bas ?”) comme le renouveau de la culture française en citant ouvertement le Hellfest dans “Plus que du metal”.

Sur ce nouvel album, il émane une efficacité féroce de Mass Hysteria tant les mots se fondent dans le paysage sonore avec cette dose de percussion suffisante pour marquer les esprits sans troubler la musicalité fluide et infernale du groupe. L’entame dantesque de Matière Noire reste certainement le meilleur exemple de rage grondante mêlée à ces sursauts de distorsion épiques qui accompagnent les vigoureuses frappes de Mouss: “Chiens de la casse, sans dent, fous de liberté”.

De quoi lancer la machine à fond la caisse et développer pendant onze titres une puissance colossale qui terrasse l’auditeur. La force de Matière Noire sert pourtant un habile destin, celui de marquer les oreilles autant que les consciences, celui de perturber les têtes autant que les coeurs, celui de troubler la raison autant que les convictions.

 

 

Mass Hystéria Matière noire

Mass Hystéria Matière noire – Crédit photo Eric CANTO

“L’enfer des dieux” est à lui seul l’étendard de cet album impliqué, juste assez provocant pour ne pas tomber dans une démagogie barbante, et évoque les troubles de notre pays meurtri avec un sens des textes des plus efficients: “Si l’enfer des dieux c’est leur amour des hommes, l’enfer des hommes c’est leur amour des dieux”.

Les maux par les mots, en quelque sorte. Martelées tout le long de ce titre à la rythmique martiale et à la guitare ténébreuse étouffée, les paroles de Mouss Kelaï prennent une dimension prophétique dans ce morceau fustigeant l’endoctrinement religieux et l’imbécile oppression tyrannique des intolérants à toute forme de liberté.

Il va de soi que lors de sa récente tournée d’hiver, “L’enfer des dieux” fut un moment fort des concerts de Mass Hysteria, voyant un public pourtant sage et studieux délaisser la folie habituelle pour une écoute rangée, paradoxalement presque religieuse. Quoiqu’il en soit, si Matière Noire ne devait parvenir à la postérité qu’au travers d’un seul de ces morceaux, cela serait clairement grâce à “L’enfer des dieux”, achèvement musical épique se substituant à merveille aux longs discours pompeux visant à expliquer, comprendre, analyser et j’en passe.

Mais MASS HYSTERIA MATIÈRE NOIRE accèdera à la postérité bien au-delà d’un seul titre tant l’album est taillé pour être jouer en concert, toujours très fort bien sûr car “Si le silence est d’or, alors le bruit est de métal” (“Plus que du métal”). Chaque titre suggère une projection évidente de son interprétation live, là où Mass Hysteria est libéré de toutes chaînes et délivre avec une sincérité sans égale sa musique régénératrice. Quoiqu’à l’écoute de Matière Noire, on peine à croire que le groupe ait été bridé de quelque sorte que ce soit.

Profitez de tout, n’abusez de rien. Sauf de Mass Hystéria Matière noire. Vraiment.

 


 

Eric CANTO Photographe : Photos de concert, portraits, pochettes d’album.

 

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