Sarah Moon : En novembre  2022, La Maison Dior publie un ouvrage d’exception « Dior par Sarah Moon »  regroupant 120 photographies en noir et blanc de la célèbre photographe Sarah Moon .

Dior par Sarah Moon, éditions Delpire & co, disponible le 3 novembre 2022, 120€

Dior par Sarah Moon

delpire & co | Paris

Les créations de Sarah Moon suscitent encore étonnement et fascination.

Qui est Sarah Moon photographe?

Sarah Moon, est née Marielle Sarah Warin le 17 novembre 1941 à Vernon dans l’Eure. Mannequin jusqu’en 1966 puis photographe de mode et réalisatrice française, Sarah Moon est aujourd’hui encore, toujours reconnue comme une grande artiste.

Sarah Moon - delpire & co

https://delpireandco.com/auteur/sarah-moon/

Sarah Moon photographe de mode

Née dans une famille juive contrainte de quitter la France sous le régime de Vichy pendant l’occupation allemande, Sarah Moon passe une partie de son enfance en Angleterre ou elle y étudie le dessin. Au début des années 60, elle exerce la profession de mannequin sous le nom de Marielle Hadengue, puis se tourne vers la photographie de mode après avoir été publiée dans l’Express en 1967, à l’âge de 26 ans.

Photographe de mode autodidacte, inspirée par  l’œuvre de Guy Bourdin, Sarah Moon conçoit  pour la marque Cacharel ses premières campagnes de mode, univers qui, à cette époque  était encore dominé par les hommes.

 

 

Son approche artistique lui permettra rapidement d’être reconnue au niveau international comme photographe de mode. Influencée par le pictorialisme, Sarah Moon photographe de mode, façonnera ses photos aux références littéraires (telles que les contes pour enfants) et cinématographiques (cinéma expressionniste allemand et celui des années 30), en montrant les femmes sous un angle particulier, dans un temps suspendu, nouant une réelle complicité avec ses modèles.

Pendant quinze années, Sarah Moon photographe, travaillera pour des marques de haute couture prestigieuses telles de Cacharel, Chanel et Dior et sera publiée dans des magazines internationaux tels que Harper’s Bazaar, Vogue et Elle. Elle reste la première femme à avoir photographié le calendrier Pirelli (1972).

« J’ai eu la chance d’être au bon endroit au bon moment. Mes photographies étaient différentes des autres. Les mannequins étaient mes copines, avec elles j’étais dans la complicité et non dans la séduction. » Sarah Moon.

Sarah Moon Captures Sophie Katherine Jones In 'New Moon' For Vogue Germany April 2017 — Anne of Carversville

Sarah Moon

“Mon statut de femme mannequin m’a aidée à être un artisan dans la photo de mode” Sarah Moon.

Sarah Moon photographe, le tournant de sa carrière

C’est au début des années 1980, que Sarah Moon débute une pratique plus personnelle, introspective et artistique. Présentés en 1983 au Centre Photographique International de New-York, ses travaux lui valent en 1984 le prix Clio. Elle sera exposée aux Rencontres d’Arles en 1980, 1981, 1994, 2005 et 2006. Ses clichés font le tour des salles d’expositions à travers le monde ; de Paris (Jeu de Paume, Maison Européenne de la Photographie, Muséum national d’histoire naturelle…), à San Francisco,  en passant par Tokyo, Londres ou encore Moscou.

Tout en continuant d’honorer des commandes pour les maisons de haute couture, Sarah Moon photographe, fait de Paris son décor et adopte le Polaroïd noir et blanc avec négatif comme support de son expression.

Elle se lance également dans la réalisation de films publicitaires ; pour lesquels elle sera récompensée par un Lion D’Or à Cannes en 1979, 1986 ,1987 et 1989 ; mais également dans la réalisation de films dès 1990 avec « Mississipi One » «Circuss » en 2002, «  l’Effraie » en 2004 , « Le Fil rouge » en 2005, « La Sirène d’Auderville » en 2007, « Le Petit Chaperon Noir » en 2010 ou encore « 5H-5 » en 2013.

Sarah Moon photographe

Sarah Moon photographe

Sarah Moon photographe, ses inspirations

Inspirée par les contes de Lewis Caroll, le cinéma et la fiction, Sarah Moon photographe rend son univers particulièrement chargé en émotions et accorde une grande importance à la mise en scène, ce qui ancre son travail photographique dans une dimension intemporelle.

Elle aime évoquer dans ses travaux les thèmes de la solitude, de l’enfance, de la féminité, de l’imaginaire, de la mort et apporte une perception différente du sujet selon qu’il soit traité en noir et blanc ou en couleur. De plus, elle met souvent en scène des enfants, des animaux, des usines délabrées, toujours en référence à ses racines européennes, une gare froide à Saint Petersbourg, un chantier à Berlin ou encore un paysage Italien aux allures de cimetière.

Sarah Moon (1941) Circus. Le jongleur. - Épreuve argentique, signée et titrée au [...] | lot 162 | Photographies et Livres de Photographies chez Ader | Auction.fr

 

Le conte, en référence aux thèmes de l’enfance et de l’imaginaire, est souvent pris comme sujet. Elle réalise notamment une série d’illustrations du conte du Petit Chaperon rouge, en 1983, ; ouvrage lauréat du prestigieux Premio Grafico Fiera di Bologna per la Gioventù, de la Foire du livre de jeunesse de Bologne (Italie) en 1984 ; et son film La Sirène d’Auderville (2007) révèle également son intérêt pour les contes d’Andersen.

«Je ne témoigne de rien. Je n’affirme rien. En ce sens, mes photos ne sont pas engagées. Par contre, je me sens totalement impliquée dans la vision fictionnelle que je propose – et qui en fait n’est qu’un écho entre le monde et moi. » Sarah Moon.

Le petit Chaperon Rouge, de Charles Perrault, Sarah Moon | Éditions Grasset

https://www.grasset.fr/livres/le-petit-chaperon-rouge-9782246320722

 

Ses clichés sont volontairement flous, tâchés, grattés, marqués par des dégradations « accidentellement minutieuses », évoquant le temps, la douleur, la contrainte, la décomposition, la mise en abîme en filigrane de la photographie, ancrant ainsi les tirages dans la fiction, hors du réel et du temps.

Son esthétique photographique fait également référence à l’esthétisme des années 30 puisque ce dernier s’enrichit d’une grande diversité de matières, de corsets, griffures, ainsi que la présence de personnages amputés, sûrement un lien inconscient avec la guerre qui a marqué son enfance.

 

Art Absolument - Les artistes : Sarah Moon

C’est à Kyoto en 2002, qu’une exposition est présentée au musée d’Art Contemporain, rendant hommage à cette œuvre alliant grâce et violence, dans un style sombre et raffiné.

Le temps retrouvé de Sarah Moon - 29 octobre 2020 - Le Journal des Arts - n° 554

Sarah Moon, ses consécrations et ses récompenses

 Les travaux et nombreuses publications de Sarah Moon lui valent de nombreuses récompenses. Sa toute première date de 1972 ou elle reçoit le D&DA d’or et d’argent à New York, États-Unis.

En 1995 Sarah Moon reçoit  le prestigieux Grand prix de la photographie de Paris.  

En plus du Lion d’Or pour ses films publicitaires reçu en 1979, 1986, 1987 et 1989 à Cannes, et du Clio Award en 1984 (New York, États-Unis), elle recevra en 1985 le Prix de la photographie appliquée (ICP, New-York), le prix du film de femme, long métrage en 1991 pour « Mississipi one »,  le FIPA d’or en 1994 pour « Contacts » (Cannes), le prix Martell à Shanghai en 2005, le prix Lucie Award en 2006 (New-York, Etats-Unis), le prix du public en 2007 (Moscou, Russie), le prix culturel de la Société allemande de photographie, à Berlin en 2007, et le prix Nadar en 2008 pour « 1,2,3,4,5″ en France.

Elle est nommée Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres en 2009.

 

Sarah Moon BONUS: 

Sarah Moon: The transcendence of fashion – BRITISH JOURNAL OF PHOTOGRAPHY 

« Je pars de rien, j’invente une histoire qui n’est pas racontée, j’imagine une situation qui n’existe pas »

« Pour moi, la photographie est une pure fiction – je ne crois pas faire une déclaration définie. Au lieu de cela, j’exprime quelque chose, un écho du monde peut-être », a déclaré Sarah Moon, dans une interview avec The Independent en 2008.

Née en 1941 à Vernon, en France, Moon, anciennement connue sous le nom de Marielle Warin, est devenue célèbre dans les années 1970 pour son approche unique et insaisissable de la photographie de mode.

En 1972, elle est devenue la première femme à photographier le calendrier Pirelli et, tout au long des années 70, elle a travaillé sur des commandes pour Chanel, Dior, Vogue, etc. Connue pour ses images douces, oniriques et graphiques axées sur la composition et la forme, le style inhabituel de Moon lui a valu le respect au sein de l’industrie. Mais, à partir de 1985, Moon s’est tournée vers un travail personnel, qui comprend des courts métrages basés sur la fantaisie et les contes de fées.

Maintenant, une exposition des images de Moon est présentée à la Peter Fetterman Gallery de Santa Monica, en Californie. Il couvre plus de trois décennies de sa photographie, du travail commercial au travail personnel, explorant son utilisation dynamique de la forme et de la composition, et sa capacité à déplacer un spectateur sans avoir besoin d’établir un contact visuel.

Dans une citation fournie par la galerie, Moon dit de son processus : « Je pars de rien, j’invente une histoire qui n’est pas racontée, j’imagine une situation qui n’existe pas, j’efface un espace pour en inventer un autre, je décale la lumière, je rends irréel et puis j’essaie. Je fais attention à ce à quoi je ne m’attendais pas. J’attends de voir ce dont je ne me souviens pas. Je défais ce que j’ai assemblé, j’espère avoir de la chance, mais plus que tout, j’aspire à être touché pendant que je tire.

Sarah Moon: The transcendence of fashion sera exposée à la Peter Fetterman Gallery du 07 juin au 06 septembre 2019


Eric CANTO Photographe : Photos de concerts, portraits, pochettes d’albums.

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