J’ai rencontré Reuno, le chanteur de Lofofora, il y a quelques années lors d’un de ses projets solos. Lorsque le groupe me contacta en quelques temps après pour m’occuper du visuel de l’album, je dois dire que je fus….heureux car grand fan du groupe.

 

Lofofora Monstre ordinaire

Lofofora Monstre ordinaire

L’approche de l’artwork de Lofofora Monstre ordinaire

Certains groupes ont des idées très précises, d’autres pas. Pour cet album de Lofofora, Reuno avait une chose en tête, l’album allait s’appeler “Monstre ordinaire”. Il souhaitait quelque chose qui puisse se rapporter, représenter cette monstruosité sans passer par des raccourcis trop simples, du style un patron en costard,…

Le travail fut d’essayer de parler d’une monstruosité qui puisse être dans chacun d’entre nous. Non pas juger telle ou telle personne ou caste, mais parler de la monstruosité humaine. Cette série n’est donc pas explicite, on ne sait pas si l’homme, dont on ne voit pas le visage, enterre ou déterre quelque chose. S’il s’effondre à la vue de ce qu’il découvre ou s’il s’effondre à la vue de ce qu’il déterre. Cette monstruosité est latente…

 

Lofofora Monstre ordinaire

 

Le groupe Lofofora

Il y a des groupes que nous ne présentons plus, parce qu’ ils occupent la scène française métale  depuis de nombreuses années. Lofofora est l’un d’entre eux comme Mass Hysteria ou encore No One is Innocent.

Le groupe parisien de métal découvert au milieu des années 90 avec le premier album et les tubes L’œuf et Holiday in France,  puis omniprésent sur les radios et les télévisions, n’a cessé d’occuper la scène française, de tourner, d’enregistrer des albums.

Depuis la sortie de Lofofora en 94, chaque album a son quota de perles : Peuh! avec Amnes story et Vive le feu, Dur comme fer avec Charisman ou Le fond et la forme. Sans parler de Mémoire de singes, un de mes albums préférés du groupe. Le groupe occupe les scènes de France depuis maintenant plus de 20 ans.

 

Lofofora portrait

 

L’album Monstre ordinaire

Montre ordinaire de Lofofora s’ouvre en territoire connu : Reuno n’a rien perdu de son agressivité, un flux reconnaissable entre mille. Il crache, hurle, appelle, comme il le fait depuis plus de 20 ans. Comme il le dit sur Utopiste, il n’a pas dit son «dernier mot» et nous pouvons «le tuer, et pire encore, mais ne jamais le faire taire».

Les textes reviennent sur des sujets phare du groupe, la brutalisation de masse à coup de “conneries en barre”. Les conquérants rappellent la conquête du Nouveau Monde vue par les indigènes et ce n’est pas très beau, un mec sans histoire ressemble étrangement a macho blues, tant de perspicacité amère sur la société.

 

lofofora artwork

 

Monstre ordinaire est inspiré, les riffs de Daniel sont dévastateurs (Utopiste, Un Mec Sans Histoire) même si on remarque généralement une approche moins groovy que dans le passé, plus lourde et pesante (Frustrasong est un bon exemple). En fin de compte, c’est son côté sombre qui plaît le plus.

Lofo n’a jamais sorti quelque chose d’aussi noire. Cette obscurité, dont la révélation prend du temps, se produit partout, à commencer par les textes de Reuno qui, s’ils sont plus sombres que d’habitude, restent de grande qualité.

Signe qu’après tant d’années le gars a encore quelque chose à dire … La façon dont il chante est également en train de changer: moins saccadée, plus profonde, plus sombre … La dernière chanson a atteint le sommet de l’obscurité de l’album, La Beauté et la Bête qui affiche 7 minutes au compteur et donne un rendu final très éloigné de ce que le groupe propose d’habitude.

 

lofofora artwork

 

Monstre ordinaire : Un album personnel de Lofofora

Cependant, cet album, plus sombre selon Reuno, est aussi très personnel. Mais il conserve sa portée universelle .

“Ma folie” est une véritable introspection de la folie du chanteur, à la limite de la schizophrénie, un thème que l’on retrouve sur Frustrasong, qui peut facilement illustrer le parallèle entre le héros et le monstre. D’autres titres d’album sont paradoxalement beaucoup plus profonds et il faudrait sans doute écouter de longues heures pour détecter tout ce que Lofo voulait exprimer.

 

Lofofora artwork Monstre Ordinaire

Lofofora artwork – Monstre ordinaire

 

Monstre ordinaire : Un album lourd et sombre

Musicalement, l’entrée Utopist annonce le contenu de l’album: un très bon son, parfaitement mixé lorsque la guitare, la basse, la batterie et la voix divisent la scène et infligent de gros coups sur l’auditeur tout en conservant la touche mélodique.

Seules les premières secondes du “visiteur” donnent un moment de répit avant que des guitares très sales reviennent pour annoncer le retour de l’ivresse afin de jouer ce merveilleux chant d’obscurité et de violence.

La voix de Reuno est centrale elle charme, frappe, mène, déclare, augmente l’avalanche provoquée par d’autres instruments. Avec le monstre ordinaire, Lofofora est en grande forme et prouve que le groupe est toujours là.

 

lofofora portrait monstre ordinaire

 

Les titres de Lofofora – Monstre ordinaire

01. Utopiste
02. Les évadés
03. Élixir
04. Les conquérants
05. La merde en tube
06. Le visiteur
07. Ma folie
08. Un mec sans histoire
09. Cannibales
10. Frustrasong
11. La beauté et la bête

 

Sortie 24 octobre 2011
Enregistré juillet 2011
Durée 50:44
Genre Punk hardcore, stoner rock
Label At(h)ome

 

Les débuts de Lofofora

Lofofora est un groupe de métal français qui voit le jour en 1989, il est composée de Reuno (chant), Phil Curty (basse), Daniel Descieux (guitare) et Vincent Hernault (batterie). Le nom du groupe fait référence au peyote dont le nom scientifique est Lophophora williamsii.

Lofofora est considéré comme l’un des pionniers du rock fusion métal (guitares saturées, raps, punk) en France. Peu de temps après, Phil Curty (basse) et Erik “Ragout” Rossignol (batteur) ont rencontré The Hammers quand une impulsion pour un nouveau style de musique est apparue. Nous pouvons citer lors de cette période l’apparition de groupes comme Mass Hysteria, No one is innocent, Silmarils, etc…

Les premiers concerts du quatuor ont eu lieu dans les années 1990-1991. Lofofora signe, en juin 1994, après quelques mois de négociations avec Polygram, ce qui permet de financer l’album enregistré et mixé par Daniel Weber (Trepal Pal, Young Gods) en octobre, chez Forces motrices à Genève.

La tournée du première album se déroule sur 115 dates dont 10 concerts au Canada . A la fin de cette tournée le groupe se penche sur l’exercice difficile du second album. Peuh ! sera composé entre janvier et mai 1996. L’album Peuh ! sera enregistré au studio Hautregard par André Gielen.

“Dur comme fer” sort en mars 1999. C’est le le troisième album du groupe. Cet album est sans doute le plus sombre et le plus abouti du groupe avec ses tempos lourds et inquiétants.

Plusieurs albums suivront, de nombreuses tournées et un groupe toujours en activité et toujours aussi énervé.

 

Discographie de Lofofora

1995 : Lofofora
1996 : Peuh !
1999 : Dur comme fer
2003 : Le fond et la forme
2005 : Les choses qui nous dérangent (At(h)ome)
2007 : Mémoire de singes (At(h)ome)
2011 : Monstre Ordinaire (At(h)ome)
2014 : L’épreuve du contraire (At(h)ome)
2018 : Simple Appareil (At(h)ome)
2019 : Vanités (At Home)

 

Membres actuels de Lofofora

Reuno – chant (depuis 1989)
Phil Curty – basse (depuis 1989)
Daniel Descieux – guitare (depuis 2001)
Vincent Hernault – batterie (depuis 2009)

 

Lofofora Monstre ordinaire 1

 

 


 

 

Eric CANTO Photographe : Photos de concert, portraits, pochettes d’album.

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